Le Figaro

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« Le burn-out des médecins, un risque potentiel pour le patient »

C’est ce que titre Le Figaro, qui relève que « les praticiens souffrant d’épuisement professionnel font bien plus d’erreurs que les autres, avec des conséquences qui peuvent être parfois graves ».
Le journal explique ainsi que « l’épuisement professionnel, outre le risque qu’il fait courir aux médecins (leur taux de suicide est 2,3 fois plus élevé que dans la population générale), peut aussi mettre le patient en péril ».
Le quotidien observe qu’« une analyse de plusieurs études publiée dans le Journal of the American Medical Association conclut qu’un médecin en burn-out a deux fois plus de chance de mettre en danger la sécurité du patient. Ce peut être lié à une erreur de diagnostic ou thérapeutique ou encore à des effets indésirables liés aux soins ou aux médicaments… ».
Le Figaro précise que selon ce travail, « le burn-out des médecins entraîne deux fois plus souvent des soins de mauvaise qualité, par manque de professionnalisme. Le médecin surmené va notamment se montrer moins empathique, ne pas suivre les recommandations de bonne pratique ou ne pas donner d’information aux patients ».
« On imagine très bien les conséquences dramatiques de ces comportements à l’hôpital, dans un service de chirurgie. On a plus de mal à concevoir une véritable mise en danger en médecine générale »,
continue le journal.
Le Dr Marc Garcia, fondateur d’Inter-med, « association qui prend en charge la santé des soignants du Gard », remarque que « si le médecin traitant est distrait, perdu dans ses pensées, il peut passer à côté d’un diagnostic mais cela reste exceptionnel ».
Le Figaro relève ainsi qu’« une étude, menée en 2013 chez des médecins généralistes (sans qu’on sache s’ils étaient en burn-out ou pas), a montré que sur 475 événements indésirables liés aux soins, 7 seulement étaient cliniquement graves ».
Le quotidien observe cependant que « l’épuisement professionnel du médecin traitant peut affecter profondément la vie des patients. Le Pr Didier Truchot, psychologue, spécialiste du burn-out, avait mené il y a quelques années une expérience le démontrant. Il présentait aux médecins le cas d’une patiente âgée de 83 ans, sortant de l’hôpital après une fracture du col du fémur et vivant seule ».
« Dépendante pour plusieurs mois, il fallait lui trouver une solution adaptée. Mais cette patiente, persuadée d’être atteinte d’un cancer, demandait à multiplier les examens et ne suivait pas son traitement. Les médecins avaient le choix. Soit mettre en place des solutions pour un maintien à domicile, soit la diriger vers une maison de retraite médicalisée »,
indique le journal.
Le Pr Truchot remarque que « face à cette patiente plus difficile, les médecins avec un degré élevé de burn-out, choisissaient le placement en maison de retraite », ajoutant que « les médecins ne sont pas préparés à avoir des relations compliquées avec les patients agressifs, non observants, trop exigeants, qui arrivent en ayant fait leur diagnostic… ».
Le Figaro note que « les auteurs de l’étude suggèrent d’améliorer l’évaluation de la qualité des soins et la sécurité des patients. […] Mais les chercheurs américains insistent également sur la nécessité de prendre en compte le bien-être des médecins ».
Le Pr Éric Galam, enseignant de médecine générale, déclare ainsi : « Nous nous rendons enfin compte que la sécurité du patient et la prévention des accidents médicaux passent aussi par la prise en compte des soignants ».
« Une prise de conscience particulièrement nécessaire pour les jeunes médecins. En effet, 14% des étudiants et jeunes médecins déclarent avoir déjà eu des idées suicidaires, selon une enquête menée par l’Ordre des médecins en 2016 »,
rappelle Le Figaro.